Une coalition internationale regroupant sept agences de cybersécurité et de renseignement, incluant le FBI et la police japonaise, a récemment lancé une alerte majeure concernant les activités du groupe de hackers nord-coréens baptisé WaterPlum. Ce collectif, également connu sous l'appellation « Contagious Interview », orchestre une campagne de cybercriminalité sophistiquée ciblant principalement les développeurs travaillant dans les secteurs de l'intelligence artificielle et de la blockchain. En moins d'un an, entre décembre 2025 et juillet 2026, ces pirates sont parvenus à infecter plus de 30 000 appareils à travers une centaine de pays, causant des pertes estimées à 10,71 millions de dollars.
Le mode opératoire repose sur une ingénierie sociale bien huilée : les hackers se font passer pour des recruteurs crédibles afin d'attirer des ingénieurs freelances vers des tests techniques piégés. Lors de ces évaluations, les victimes sont incitées à installer des paquets logiciels contenant des malwares dissimulés. Une fois exécutés, ces programmes malveillants, tels que BeaverTail ou InvisibleFerret, agissent comme des portes dérobées, aspirant instantanément les identifiants, les clés privées et l'intégralité du contenu des portefeuilles numériques des développeurs.
L'enquête a révélé des aspects structurels préoccupants, notamment la mise en place de « fermes d'ordinateurs » au Japon, où des intermédiaires locaux hébergent et pilotent à distance des machines utilisées par des agents nord-coréens. Ces opérations, étroitement liées au 313e Bureau général du Parti du travail de Corée, visent une double finalité : le financement du régime par le vol de devises numériques et l'espionnage industriel. Les autorités soulignent par ailleurs le caractère quasi industriel de ces attaques, tout en notant, avec une pointe d'ironie, que les membres du groupe interrompent leurs activités malveillantes durant les jours fériés officiels de leur pays.
Face à cette menace persistante, les organismes de sécurité privilégient désormais la doctrine de l'attribution publique, visant à nommer explicitement les auteurs des attaques pour favoriser une prise de conscience globale. Cette stratégie de défense nécessite une vigilance accrue de la part des recruteurs et des entreprises du secteur tech, invités à renforcer drastiquement leurs protocoles de vérification. Malgré cette mise en lumière, les experts s'accordent à dire que la résilience des infrastructures numériques repose sur un changement profond des pratiques de sécurité lors des processus d'embauche technique, dans un écosystème crypto où la moindre faille peut entraîner des conséquences financières irréversibles.