La société française Capital B franchit une étape décisive dans sa transformation en acteur de référence pour la détention institutionnelle d'actifs numériques. En officialisant une levée de fonds de 7,6 millions d’euros, intégralement souscrite par Adam Back, figure historique de l'écosystème et PDG de Blockstream, l'entreprise confirme son ambition de s'imposer comme le fer de lance européen des « Bitcoin Treasury Companies ». Ce mouvement stratégique, initié après un changement d'identité en 2025, vise à institutionnaliser l'usage du Bitcoin comme actif de réserve au bilan d'une entité cotée sur Euronext Growth Paris.

Les modalités financières de cette opération témoignent d'une forte confiance des marchés dans la vision de la direction. Le placement privé concerne plus de 13 millions d’actions nouvelles émises au tarif de 0,58 euro, ce qui représente une prime de 15,4 % par rapport au dernier cours de clôture. Au-delà de l'apport immédiat de liquidités, le montage inclut des bons de souscription dont l'activation complète pourrait générer un financement complémentaire de 49,4 millions d’euros sur les cinq prochaines années. Cette opération permet à Adam Back de renforcer sa position au capital, avec une participation pouvant grimper jusqu’à 27,8 % à terme.

L'objectif prioritaire de cet apport en capital est l'accumulation directe de Bitcoin. Avant cette nouvelle transaction, Capital B et sa filiale luxembourgeoise détenaient déjà 3 145 BTC, acquis pour une valeur totale de 284,2 millions d’euros, soit un prix de revient moyen d'environ 90 352 euros par unité. Grâce aux fonds levés, la société prévoit d'acquérir environ 376 BTC supplémentaires, portant son stock total à plus de 3 521 unités. Cette stratégie repose sur la volonté de transformer la trésorerie de l'entreprise en un véhicule d'investissement passif mais performant, corrélé à la rareté numérique de l'actif.

Sur le plan de l'ingénierie financière, Capital B déploie un modèle de levier audacieux, largement inspiré des pratiques de MicroStrategy aux États-Unis. La structure repose sur un mélange complexe de dettes convertibles et d'émissions de titres, totalisant déjà 821 BTC de passif sous forme d'obligations auprès de partenaires institutionnels. Si cette méthode implique une dilution potentielle pour les actionnaires historiques, elle offre une capacité de croissance rapide sans dépendre uniquement des revenus opérationnels. À terme, l'entreprise n'exclut pas des levées de fonds se chiffrant en milliards d'euros pour massifier ses achats.

Malgré un écart de volume encore vertigineux avec les leaders mondiaux du secteur, Capital B s'impose comme un précurseur sur le marché européen. En se positionnant sur des places financières stratégiques comme Abu Dhabi et en attirant des capitaux de l'élite de la tech crypto, la firme française cherche à optimiser son ratio de Bitcoin par action. Pour les investisseurs, cette évolution propose une alternative réglementée et boursière pour s'exposer à la reine des cryptomonnaies, tout en bénéficiant d'une structure de gouvernance européenne traditionnelle.