Ce qu’il faut retenir :
- Christopher Waller se dit disposé à maintenir les taux si les progrès sur l’inflation se confirment.
- Sa position contraste avec le discours restrictif de Kevin Warsh à Jackson Hole.
- Les paris sur une hausse le 16 septembre retombent d’environ 59 % à 50 %.
Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale, s’est dit enclin à soutenir le maintien des taux directeurs à leur niveau actuel si les données continuent de montrer des progrès dans les prochaines semaines. Sa déclaration met au jour les divisions du comité de politique monétaire à deux semaines d’un vote déterminant.
Ce qui a modifié son appréciation
Un chiffre a pesé dans cette prise de position. L’indice PCE de juillet, mesure d’inflation privilégiée par la banque centrale, est ressorti plus faible qu’anticipé.
Le gouverneur en tire une conclusion précise : l’inflation sous-jacente se porte mieux que ne le suggèrent les chiffres du noyau dur. Il évoque par ailleurs des données récentes qui laissent enfin apparaître des signes de désinflation.
La situation d’ensemble reste pourtant dégradée. L’indice global s’établit à 3,7 %, au-dessus de la cible de 2 % depuis cinq ans et demi.
Une division qui s’affiche au grand jour
Le contraste avec le président de l’institution saute aux yeux. Kevin Warsh avait déclaré la semaine dernière à Jackson Hole que la banque centrale aurait du travail à faire faute de progrès rapides sur les prix, ce qui avait fait bondir les anticipations de hausse.
Une autre voix s’est jointe à celle du gouverneur. John Williams, président de la Fed de New York et vice-président du comité de politique monétaire, a lui aussi relevé les progrès récents en matière de maîtrise de l’inflation.
L’arithmétique du comité rappelle que la question divise depuis un moment. Trois de ses douze membres votants avaient soutenu une hausse d’un quart de point lors de la réunion de juillet, au terme de laquelle les taux ont été maintenus dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 %.
Les prix se sont ajustés dans la foulée. Le rendement du Treasury à deux ans, sensible aux anticipations de politique monétaire, a cédé 0,05 point de pourcentage, à 4,33 %. Rappelons que les rendements évoluent en sens inverse des prix.
Le dollar a reculé face aux principales devises, le yen prolongeant ses gains nocturnes avec près de 2 % de hausse, à 155,60 pour un dollar.
Les paris sur une hausse le 16 septembre sont retombés à environ 50 %, contre 59 % avant ces déclarations.
Tout se jouera sur l’inflation d’août
Si les progrès se poursuivent vers notre objectif de 2 %, je suis disposé à soutenir le maintien du taux directeur à son niveau actuel.
Le gouverneur a lui-même fixé le critère qui déterminera son vote. Celui-ci dépendra pour l’essentiel de ce que révélera l’inflation du mois d’août, dont l’indice des prix à la consommation sera publié dans les jours précédant la réunion.
“Si l’inflation ressort élevée, j’envisagerais une hausse”, prévient-il. En cas de progrès continu vers l’objectif de 2 %, il se dit en revanche prêt à soutenir le maintien du taux directeur à son niveau actuel.
Et maintenant ?
Trois rendez-vous s’enchaînent. La publication de l’indice des prix le 11 septembre, la réunion de la Réserve fédérale le 16, et celle de la Banque du Japon le 18.
Pour les actifs risqués, l’effet de ce revirement s’est déjà fait sentir. Le bitcoin a repassé les 81 000 dollars vendredi, en hausse d’environ 4 %, précisément parce que les anticipations de hausse ont reflué.
Le décalage entre les deux discours mérite d’être conservé en tête. Le président de la Fed a posé une exigence de résultat, un gouverneur estime qu’elle est en voie d’être satisfaite. Ces deux lectures ne sont pas contradictoires sur le fond, elles reposent sur une appréciation différente des mêmes données. C’est le chiffre du 11 septembre qui les départagera.
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Chief Content Officer CoinAcademy. Tech, finances, crypto, IA. Alex@coinacademy.fr