Illustration générée avec OpenAI

Quand le taux à 10 ans français dépasse celui de la Grèce

Ces derniers mois, la dette française affole les salles de marché obligataire. Le taux à 10 ans français a notamment dépassé celui de la Grèce, une première qui traduit une défiance inédite envers les capacités de remboursement de l’Hexagone.

Le taux d’emprunt français à 10 ans vient ainsi d’atteindre les 4,27 %, son plus haut niveau depuis 2008. Dans le même temps, la Grèce emprunte autour de 4,09 %). Et la dette publique française dépasse désormais 3 300 milliards d’euros, soit environ 114 % du PIB.

Comparaison du taux d’emprunt à 10 ans de la France avec celui d’autres pays de la zone euro. (Compilation de données de marché par l’IA Grok).

On notera toutefois que, pour l’instant en tout cas, il n’y a pas de fuite généralisée des investisseurs. Certains semblent même attirés par ces rendements plus élevés sur la dette française. En effet, la demande pour l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) à 10 ans mise sur le marché le 3 septembre a dépassé l’offre de 2,28 fois. Malgré la forte tension sur les rendements, les investisseurs institutionnels continuent donc d’acheter la dette française.

Évolution du taux de l’OAT à 10 ans de la France. (Compilation de statistiques officielles par l’IA Grok).

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Ce que vous perdriez en cas de scénario à la grecque

Le rappel historique est brutal, car en 2012, la Grèce a dû restructurer sa dette, et ses créanciers ont vu leur investissement fondre. Ceux qui détenaient de la dette grecque ont perdu les trois quarts de leur mise, soit 25 euros remboursés pour 100 euros prêtés.

Transposé à la France, l’impact serait massif pour les épargnants, même s’il faut préciser les ordres de grandeur. Selon les déclarations de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), un fonds euros classique est composé en moyenne de 60 % d’obligations, dont 41 % de dette souveraine et 59 % d’obligations d’entreprises.

La part strictement française reste difficile à isoler, mais les obligations souveraines françaises représentaient environ 12 % des placements des assureurs et fonds de pension en 2024, selon la Fondation IFRAP. Un scénario à la grecque, avec une décote de 75 %, n’effacerait donc pas les trois quarts d’un fonds euros, mais amputerait mécaniquement environ 10 % de son capital, sans compter l’effet domino sur les obligations d’entreprises et la solvabilité des assureurs eux-mêmes.

Faut-il paniquer pour autant ? La réponse la plus honnête serait : pas immédiatement. En 2012, la Grèce était à 160 % du PIB sur sa dette et empruntait à 12 %, quand aujourd’hui la France est à 114 % du PIB et emprunte à 4,27 %. La trajectoire inquiète, mais la France dispose encore d’une marge de manœuvre.

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Bitcoin, un refuge alternatif face au risque souverain

C’est dans ce contexte que Bitcoin (BTC) attire de nouveau les regards. Actif rare, déflationniste et plafonné à 21 millions d’unités, la cryptomonnaie est également hors du contrôle des États (résistance à la censure) ou des banques centrales (pas de planche à billets pour Bitcoin). L’actif numérique coche donc plusieurs cases d’une couverture contre le risque souverain.

Contrairement à un fonds euros, Bitcoin ne dépend d’aucune signature étatique. Sa valeur ne peut être décrétée à zéro par un ministre des Finances. Cette caractéristique fait partie de celles qui ont nourri la progression des cours du BTC lors de chaque épisode de défiance monétaire depuis 2013.

L’histoire donne d’ailleurs un socle empirique à cette thèse. Lors de la crise bancaire chypriote de mars 2013, alors que les dépôts au-dessus de 100 000 euros étaient convertis de force en actions de la Banque de Chypre, Bitcoin a bondi de 173 % sur le mois, sa 2e meilleure performance mensuelle jamais enregistrée, passant d’environ 48 dollars le 16 mars à près de 92 dollars le 28 mars. Rebelote en 2015, quand la Grèce a fermé ses banques et plafonné les retraits à 60 euros par jour : les dépôts sur le principal exchange grec ont explosé de 400 % dans les semaines suivant l’imposition des contrôles de capitaux.

Le même réflexe de se tourner vers Bitcoin se retrouve également dans les économies fragilisées par l’inflation. La détention de cryptomonnaies avait atteint par exemple 25,6 % de la population en Turquie en 2025, le taux le plus élevé au monde, alors que l’inflation moyenne annuelle avait été de 58,5 % sur la livre turque (rapport We Are Social & Meltwater de 2025).

👉 Sur le même sujet – Bitcoin peut-il agir en refuge contre la crise de la dette souveraine en Europe ?

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Diversifier avant que le vent tourne

Personne ne prédit un défaut français dans les prochains mois. Mais la dynamique des taux impose une lecture lucide. La charge annuelle des intérêts de la dette devrait atteindre 77 milliards d’euros en 2026, contre 65 milliards en 2025, dépassant désormais le budget de l’Éducation nationale par exemple.

Diversifier ses actifs, sortir d'une exposition exclusive aux obligations souveraines, envisager l'or et les cryptomonnaies comme couverture : ces réflexes deviennent aussi ceux des particuliers avertis. Pour aller plus loin sur les solutions concrètes de protection, notre guide sur les risques liés au taux d'emprunt français détaille les principales pistes. Et pour les investisseurs qui souhaitent aller encore plus loin, Cryptoast propose son offre Stratège, un accompagnement premium dédié à la construction d'un portefeuille crypto résilient face aux chocs macroéconomiques.

Source : Jean-Benoit Gambet sur X, bdor.fr