L’administration américaine a officiellement pris position dans le conflit judiciaire opposant OpenAI au New York Times, en déposant un mémoire auprès du tribunal chargé de l’affaire. Le ministère de la Justice exhorte la justice à rejeter les accusations de violation du droit d’auteur portées par le quotidien, qui reproche à la start-up d'intelligence artificielle d'avoir utilisé des millions d'articles protégés pour entraîner ses modèles conversationnels sans autorisation ni rémunération.
Pour le gouvernement, l'enjeu dépasse largement le cadre d'un simple litige commercial. En invoquant des décrets présidentiels liés à la sécurité nationale et à la prospérité économique, l'administration soutient que restreindre l'accès aux données pour l'entraînement des systèmes d'IA nuirait gravement au leadership technologique des États-Unis face à la concurrence mondiale. Cette doctrine, qualifiée d'historique par le procureur général adjoint, impose une vision où l'innovation technologique prime sur les mécanismes classiques de protection de la propriété intellectuelle.
Les répercussions de cette intervention pourraient être déterminantes pour l'ensemble du secteur de l'IA, car elles touchent des dizaines de procédures similaires engagées par des éditeurs et des créateurs. Si le tribunal suivait l'avis du gouvernement, cela créerait un précédent juridique majeur, écartant la qualification de contrefaçon pour l'utilisation de contenus protégés à des fins d'apprentissage automatique. Cette approche, qui favorise une régulation souple, marque un fossé grandissant avec la stratégie européenne, plus stricte et centrée sur la transparence des modèles.
De son côté, le New York Times dénonce une décision qui sacrifie les droits des créateurs au profit de géants technologiques colossaux, valorisés à près de 850 milliards de dollars. Le journal souligne un paradoxe fondamental : en dépréciant la valeur du travail journalistique, les laboratoires d'IA risquent d'assécher la source même de connaissances humaines nécessaire à la pertinence et à la fiabilité de leurs futurs outils. Alors que les tensions politiques et les liens financiers entre le secteur de l'IA et l'administration actuelle alimentent les débats, la décision finale du tribunal reste attendue avec une vigilance extrême par l'industrie tech mondiale.