La société japonaise Metaplanet, devenue une figure centrale de la stratégie de trésorerie en Bitcoin, vient d'annoncer une réduction drastique de son plan de rémunération en actions. Confrontée à la fronde de ses actionnaires, l'entreprise a décidé de ramener son enveloppe d'actions potentielles à 188,2 millions d'unités, soit une baisse de 41 % par rapport aux 320 millions initialement prévus. Cette manœuvre permet à la société d'annuler des bons de souscription dont la valeur est estimée à plus de 220 millions de dollars, apaisant ainsi, du moins partiellement, les tensions sur la gouvernance de l'entité.
Le mécontentement des investisseurs trouve son origine dans une faille structurelle du plan de rémunération adopté en 2022. En liant le nombre d'actions destinées aux dirigeants à une proportion fixe du capital social, Metaplanet a mécaniquement mécanisé une hausse de la rémunération de ses cadres chaque fois qu'elle émettait de nouveaux titres pour financer ses acquisitions massives de Bitcoin. Cette dynamique a généré une dilution jugée excessive par les actionnaires, qui ont dénoncé une stratégie récompensant le volume d'émission plutôt que la création réelle de valeur par action. Le dirigeant Simon Gerovich a admis que ce mécanisme incitait à une dilution potentiellement non relutive, un aveu rare soulignant les risques inhérents à ce modèle d'affaires hybride.
Malgré cette correction, la concentration des avantages reste un point de crispation notable. Les dirigeants conservent les 64 millions d'actions déjà exercées en août, tandis que le directeur général conserve des droits sur plus de 49 millions de titres supplémentaires. Au total, plus de 60 % de la nouvelle enveloppe reste allouée à une seule personne, ce qui soulève des interrogations persistantes sur la transparence et l'équilibre des pouvoirs. De plus, plusieurs zones d'ombre subsistent, notamment concernant les liens avec la structure MMXX Ventures, un sujet que la direction a délibérément évité d'aborder dans sa communication officielle.
Ce dossier met en lumière les fragilités des entreprises cotées utilisant leurs capitaux propres comme moteur de croissance pour accumuler des actifs numériques. Pour ces sociétés, la viabilité repose sur un pari : que la performance du Bitcoin surpasse le coût de la dilution dilutive imposée aux actionnaires. Alors que Metaplanet est sous la menace d'une possible exclusion des indices MSCI, l'enjeu devient crucial. La refonte future du système de rémunération, désormais confiée à des conseils extérieurs, sera scrutée de près par le marché pour déterminer si l'entreprise est capable d'aligner enfin ses intérêts avec ceux de ses investisseurs.