Les hackers nord-coréens continuent de viser l’industrie crypto, mais leurs méthodes ne se limitent plus aux attaques techniques classiques. En se faisant passer pour des développeurs légitimes, certains parviennent désormais à infiltrer les équipes de l’intérieur.

le 20 juillet 2026 à 9:00.

3 minutes de lecture

Consensys aurait coupé les accès d’un développeur lié à la Corée du Nord

Depuis plusieurs années, les groupes de hackers liés à la Corée du Nord ciblent particulièrement l’industrie crypto, si bien que Pyongyang aurait volé plus de 6 milliards de dollars en cryptomonnaies depuis 2017.

Cette semaine, c'est le média Drop Site News qui révèle que Consensys, l’entreprise derrière le portefeuille de cryptomonnaies MetaMask, aurait ainsi recruté par erreur un développeur lié à la Corée du Nord. L’individu utilisait l’identité « Tyler Knapp » et le compte GitHub « imyugioh ».

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Compte GitHub de Tyler Knapp

D’après des messages internes consultés par le média, ce consultant aurait travaillé sur le code de la plateforme MetaMask, notamment sur des éléments liés à la conversion entre cryptomonnaies et monnaies fiduciaires via des prestataires de paiement tiers.

Ses contributions publiques au wallet mobile MetaMask auraient commencé le 9 mars 2026, avant de s’arrêter en avril, au moment où Consensys aurait mis fin à ses accès.

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Matt Corva, directeur juridique de Consensys, a cependant affirmé auprès de Drop Site News que l’entreprise a identifié la menace rapidement, coupé les accès du consultant, lancé une enquête interne et prévenu les autorités.

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L’enquête a confirmé qu’il n’y avait eu aucun détournement d’actifs ou de données, aucun code malveillant déployé, et aucun impact sur la sécurité des utilisateurs.

Drop Site précise toutefois que Consensys n’a pas expliqué comment l’entreprise avait établi le lien entre ce consultant et la Corée du Nord.

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Le recrutement devient une surface d’attaque pour les entreprises crypto

Le cas Consensys s’inscrit dans une série d’alertes similaires au sein de l’écosystème crypto, mais aussi dans d’autres secteurs. Dès février 2024, une multinationale basée à Hong Kong s’était fait dérober 25 millions de dollars par un individu qui s’était fait passer pour son directeur financier.

Avec le développement des outils d’intelligence artificielle, la création de faux profils, de deepfakes et d’identités professionnelles crédibles devient plus accessible, ce qui permet à certains attaquants de viser les entreprises par leurs processus de recrutement et plus seulement par leurs failles techniques.

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Dans la crypto, l’attaque contre Drift montre le coût que peut prendre cette méthode et surtout jusqu'où les hackers peuvent aller. Le 1er avril 2026, le protocole de trading décentralisé a perdu 270 millions de dollars dans une opération attribuée à UNC4736, un groupe affilié à l’État nord-coréen.

Selon Drift, les attaquants auraient préparé l’opération pendant près de 6 mois en se présentant comme une société de trading quantitatif. Ils auraient échangé avec des contributeurs, déposé plus de 1 million de dollars dans l’écosystème, puis rencontré physiquement certains membres de l’équipe avant de compromettre des appareils liés aux signatures multisig.

Pour mieux comprendre cette menace de l’intérieur, Clarisse Hagège, cofondatrice de Dfns, détaille dans notre podcast comment ces faux profils parviennent à infiltrer les entreprises crypto, et pourquoi le recrutement devient désormais une ligne de défense critique.

Source : Drop Site