Le président des États-Unis, actionnaire du plus gros trésor Bitcoin coté au monde. D’après une déclaration du Bureau de l’éthique gouvernementale des États-Unis, des comptes d’investissement dont Donald Trump est le bénéficiaire ont acquis entre 50 001 et 100 000 dollars d’actions Strategy le 27 juillet. Les mêmes comptes avaient déjà misé entre 1 001 et 15 000 dollars sur le titre trois jours plus tôt.

L’entreprise de Michael Saylor détient 846 000 BTC et domine de très loin le classement des trésoreries d’entreprise. Son nouvel actionnaire indirect dirige aussi un exécutif qui enchaîne les décisions favorables aux cryptomonnaies, même si rien n’est simple à Wahsington.

Points clés

  • Des comptes dont Donald Trump est bénéficiaire ont investi jusqu’à 100 000 dollars dans le titre de l’entreprise de Michael Saylor
  • L’opération pèse peu face aux ventes Microsoft et Amazon chiffrées en millions sur le même mois
  • Le CLARITY Act a calé au Sénat à une voix près, pendant que la SEC et la CFTC avancent par exemptions
  • Un texte voté en commission veut graver dans la loi la réserve fédérale de bitcoins, avec un blocage de vingt ans

Strategy, une ligne discrète dans le portefeuille de Donald Trump

Dans le document, l’achat du 27 juillet est la plus grosse opération liée aux cryptomonnaies. Il égale le précédent record déclaré par ces mêmes comptes, une enveloppe de 50 001 à 100 000 dollars engagée le 12 février. Le reste du volet crypto se résume à un achat d’actions Coinbase et à deux ventes, celles des mineurs de Bitcoin MARA Holdings et CleanSpark.

Impossible de savoir combien d’actions MSTR dorment encore dans ce portefeuille. Les déclarations d’éthique américaines (dont on rappellera qu’elles s’expriment en fourchettes de valeur et jamais en solde de titres) laissent le décompte exact dans l’ombre, même quand un investisseur multiplie les allers-retours sur la même ligne.

Rapportée au reste du portefeuille, la ligne Strategy pèse peu. Le même document recense des ventes d’actions Microsoft et Amazon comprises entre 5 et 25 millions de dollars chacune sur la seule journée du 20 juillet, plus une série d’opérations évaluées entre 1 et 5 millions. La Maison-Blanche a redit à CNBC sa position habituelle : le portefeuille d’actions et d’obligations du président est géré par des institutions financières tierces, sans intervention de lui ni de sa famille.

Le timing est heureux. L’action Strategy a gagné près de 30 % sur les cinq dernières séances et environ 37 % sur le mois écoulé, d’après Yahoo Finance.

Le président Trump a déclaré détenir des actions du leader mondial des trésoreries Bitcoin – Source : Compte X

Crypto : L’offensive réglementaire avance sans le Congrès

Or cette déclaration tombe dans une séquence chargée pour les régulateurs américains. Le Sénat a échoué à faire avancer le CLARITY Act le 15 septembre, sur un vote de clôture perdu à 49 voix contre 50. Le texte répartit les compétences entre la SEC et la CFTC sur les actifs numériques, et la Chambre des représentants l’avait pourtant adopté à 294 voix contre 134.

Les agences, elles, n’ont pas attendu. Deux jours après l’échec du Sénat, la SEC a autorisé des échanges limités d’actions américaines tokenisées onchain sous une exemption temporaire de cinq ans. La CFTC, régulateur américain des produits dérivés, a allégé certaines obligations d’enregistrement pour les fournisseurs de logiciels donnant accès à des marchés réglementés.

Elle a ensuite transmis à la Maison-Blanche une initiative bien plus large baptisée « Regulation Crypto Asset Transactions and Regulation Crypto Asset Markets ». Le projet reste au stade préliminaire.

Aucune loi crypto d’ampleur n’a franchi les deux chambres depuis le GENIUS Act sur les stablecoins. L’essentiel du travail se fait par exemption et par décret, une méthode rapide mais réversible : ce qu’une administration accorde par voie réglementaire, la suivante peut le défaire.

Réserve stratégique de Bitcoin : Le texte passe en commission

Le Congrès n’est pourtant pas totalement à l’arrêt sur le Bitcoin. Le comité des services financiers de la Chambre des représentants a voté à 28 voix contre 21 pour faire avancer un texte qui inscrirait dans la loi la Réserve stratégique de Bitcoin créée par décret et qui imposerait de conserver au moins vingt ans les bitcoins qui y sont placés.

Et la nuance compte. Un décret présidentiel s’annule par un autre décret, quand une loi exige un vote des deux chambres. Au Sénat, la républicaine Cynthia Lummis pousse en parallèle son BITCOIN Act, qui prévoit l’achat d’un million de BTC sur cinq ans.

D’après Arkham Intelligence, le gouvernement américain détient environ 324 527 bitcoins, presque tous issus de saisies judiciaires. Le vote en commission n’est qu’une première étape, mais il inscrit dans un projet de loi une obligation de conservation de vingt ans, là où le décret présidentiel se contentait d’interdire la vente sans horizon fixé.